Believe frôle le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024

L’entreprise prévoit une hausse de 13% en 2025 malgré une “croissance limitée du streaming financé par la publicité”.

Crédit : Anis Martin

Believe enregistre de solides résultats pour sa première année en tant qu’entreprise privée. Son chiffre d’affaires a augmenté de 12,3 % en 2024 pour atteindre 988,8 millions d’euros, dont 11,5 % de croissance organique, annonce l’entreprise ce jeudi 13 mars.

Le bénéfice ajusté avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) a progressé de 33,5 % pour atteindre 67,1 millions d’euros. Le chiffre d’affaires était lui en hausse de 14 % à mi-parcours de l’année.

Une sortie de Bourse réussie

L’année à venir devrait être tout aussi robuste : Believe prévoit une croissance organique de 13,0 % en 2025, malgré une « hausse limitée streaming financé par la publicité » et en supposant « aucune augmentation significative des prix des abonnements » sur les grandes plateformes de streaming musical.

L’événement majeur de l’année pour Believe a été la sortie de Bourse réussie de l’entreprise par un consortium composé des fonds TCV, EQT X et de son PDG Denis Ladegaillerie. Ce consortium détient désormais 96,6 % du capital de Believe, laissant à l’entreprise un faible volume d’actions en circulation. Une fois l’opération finalisée, le conseil d’administration de Believe a accueilli un nouveau membre représentant EQT X, l’ancien PDG de Shazam, Andrew Fisher. Un administrateur représentant Ventech, qui a vendu ses parts au consortium, a quant à lui quitté le conseil.

Une floppée d’acquisitions

Believe a également été très actif dans ses acquisitions, partenariats et nouvelles activités l’an dernier. L’entreprise a lancé deux nouveaux labels en Asie en 2024 : PlayCode au Japon et Krumulo en Indonésie. En août, elle a finalisé l’acquisition intégrale du label turc DMC. Elle a également lancé le label EDM All Night Long en partenariat avec l’agence de management d’artistes Kidding Aside, acquis le label indien White Hill Music et conclu un partenariat avec l’entreprise de musique électronique Global Records, dans lequel Believe a pris une participation de 25 % en juillet.

Progression en numérique et physique

Believe a enregistré une forte croissance pour sa branche solutions premium que pour ses solutions automatisées. L’activité solutions premium, essentiellement dédiée à la commercialisation et à la promotion de contenus numériques pour artistes et maisons de disques, a enregistré un chiffre d’affaires de 942,2 millions d’euros, soit une progression de 12,0% sur un an. Quant aux solutions automatisées, elles ont connu un essor encore plus important avec une hausse de 17,0%, atteignant 64,6 millions d’euros.

Le secteur numérique a maintenu une croissance supérieure à 10% tout au long de l’exercice. Les ventes non numériques, comprenant notamment l’éditeur musical Sentric Music Group, racheté par Believe en 2023, ont affiché de belles performances jusqu’en septembre, avant de subir un ralentissement au quatrième trimestre. Ce fléchissement s’explique par des modifications comptables dans le domaine de l’édition pour les solutions automatisées (dont fait partie le distributeur numérique TuneCore), ainsi que par un recul de l’activité concerts et des ventes physiques dans le segment des solutions premium.

La France, premier pays de Believe

En France, marché historique et principal de Believe, le chiffre d’affaires a progressé de 10,3 % pour atteindre 162,9 millions d’euros. Toutefois, la baisse de l’activité des concerts a pesé sur les ventes non numériques au quatrième trimestre.

En Allemagne, deuxième marché de l’entreprise, la croissance est restée marginale (+0,4 %), avec un chiffre d’affaires de 111,3 millions d’euros . Les ventes non numériques y ont diminué, Believe ayant décidé d’accélérer son retrait de certains contrats jugés « trop dépendants des ventes physiques et du merchandising ».

Les revenus en Europe (hors France et Allemagne) ont progressé de 23,3 %, tandis que ceux des Amériques ont augmenté de 18,0 % pour atteindre 151,2 millions d’euros, en partie grâce aux « avancées significatives » aux États-Unis et aux performances de TuneCore.

En revanche, la croissance en Asie-Pacifique et en Afrique a été plus modeste, avec une hausse de seulement 3,5 %, atteignant 237 millions d’euros. Cette faible progression est liée à une baisse des revenus publicitaires du streaming et aux fluctuations des taux de change. Le streaming par abonnement, bien que plus rentable que le streaming financé par la publicité dans ces régions, est resté solide, mais a été pénalisé en Inde par l’arrêt de la plateforme de streaming Wynk.