Le vinyle et le streaming musical gratuit en forte hausse en France en 2025

Le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a dévoilé ce mercredi son bilan annuel. Le chiffre d'affaires du secteur continue de progresser, mais sa croissance accuse une baisse significative.

Theodora à la Fête de l'Humanité 2025

Crédit : Guillaume Collanges

Le marché français de la musique enregistrée a généré 1,071 milliard de chiffre d’affaires l’année passée selon le SNEP, en progression de 3,9% sur un an. Une performance qui conforte sa position de sixième marché mondial et de deuxième marché européen continental, derrière l’Allemagne. Première source de revenus, le streaming pèse 65,5% de ce total (+9,1%), suivi des supports physiques (19,1%). Les revenus issus de la synchronisation et des droits voisins sont respectivement en baisse de 5,8% et 3,2%.

L’année 2025 marque une dixième année de croissance du marché depuis sa reprise en 2016. Il atteint désormais 80% de la valeur de son pic d’activité de 2002 en euros courants ; cependant, ramené à l’inflation sur la période, cet indicateur descend à 56%.

Ce bilan confirme néanmoins un ralentissement déjà observé au premier semestre : la progression du chiffre d’affaires est 44% plus faible que celle de 2024. Parmi les causes de ce constat, les revenus provenant des abonnements aux plateformes de streaming musical, qui représentent 553 millions d’euros, affichent une évolution de +5,9%, soit près de deux fois moins que l’année passée.

Source : Syndicat national de l’édition phonographique

Deuxième année de hausse du physique

En 2024, le format physique renouait avec la croissance, une première depuis plus de 10 ans. Cette dynamique se confirme en 2025 (+5%), tirée par les revenus des ventes de vinyles, dont la progression a presque été multipliée par 3 en douze mois (+14,8% contre +5,4 un an plus tôt).

Au total, près de 6 millions de vinyles et 8 millions de CDs se sont vendus l’année passée, générant respectivement 113 et 89 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette consommation est notamment portée par les -35 ans, qui représentent 41% des acheteurs de vinyles et 36% des acheteurs de CDs selon une étude consommateur menée en octobre par KANTAR Media.

Source : Syndicat national de l’édition phonographique

Streaming : ralentissement en vue ?

En 2025, le marché français a totalisé 165 milliards de streams (+10%). 122 milliards d’entre eux provenaient des utilisateurs payants des plateformes contre 31 milliards pour les comptes gratuits. Cependant, ce sont les revenus issus du streaming freemium qui progressent le plus rapidement dans l’Hexagone, gagnant 12% sur douze mois. Le streaming premium, lui, ne gagne que 5,9% sur la même période, près de deux fois moins qu’en 2024. En cause, un taux de pénétration qui reste « inférieur à ceux des autres marchés mondiaux de la musique » selon le Syndicat national de l’édition phonographique : 27,1% (+1,2 point).

« Pris ensemble, streaming freemium et vidéo progressent de 5%, au même rythme que les autres grands segments du marché », explique Alexandre Lasch, directeur général du SNEP. « La frontière entre les deux est poreuse, certains UGC [ndt : « user generated content « , contenus créés par les utilisateurs de plateformes en utilisant de la musique] vont dans la colonne de l’audio financé par la publicité, et désormais c’est aussi le cas de tous les réseaux sociaux. »

« Le fait que le streaming audio freemium progresse rapidement est plutôt une bonne nouvelle pour le streaming par abonnement, parce que ça signifie qu’il y a un funnel d’acquisition qui se reconstitue. On sait que les abonnés passent souvent dans un premier temps par des offres freemium. »

Source ;: Syndicat national de l’édition phonographique