Jeux olympiques d’hiver 2026 : ce qu’il fallait retenir de la cérémonie d’ouverture

Entre affirmation culturelle, message politique et grand spectacle, l’Italie a lancé ses Jeux lors d’une cérémonie pensée comme une vitrine de son soft power. Un événement où la musique a occupé un rôle central.

Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver 2026

Crédit : CIO

Les Jeux d’hiver de Milano Cortina 2026 ont officiellement débuté vendredi 6 février lors d’une cérémonie d’ouverture déployée sur plusieurs sites alpins, mais centrée à Milan, au Stadio San Siro. Dans un contexte international marqué par des fractures géopolitiques persistantes, l’événement a été conçu comme un moment de soft power assumé, mêlant patrimoine culturel, spectacle musical et messages politiques explicites. Une démonstration de force symbolique pour une Italie désireuse de réaffirmer sa place sur la scène mondiale.

Une cérémonie pensée comme un récit national et international

Imaginée par Balich Wonder Studio, spécialiste reconnu des cérémonies olympiques et grands événements mondiaux, la soirée s’articulait autour d’un concept central : l’harmonie. Une notion que Marco Balich, son directeur artistique, présentait comme une réponse aux tensions contemporaines. « Ce n’est pas un exercice de technologie ou de spectacle, mais une histoire racontée à travers les personnes et les émotions », expliquait-il avant l’événement.

La cérémonie a volontairement dépassé le cadre du stade pour investir plusieurs territoires emblématiques de cette édition des Jeux — Cortina d’Ampezzo, Predazzo et Livigno — tout en conservant Milan comme centre névralgique. Un choix symbolique fort, qui inscrit ces Jeux dans la continuité de la dynamique internationale amorcée par la ville depuis l’Expo 2015.

En amont du spectacle, le Teatro alla Scala accueillait le tapis rouge officiel. Des figures historiques du sport olympique, comme Shaun White ou Irene Schouten, y côtoyaient des personnalités du cinéma, de la mode et de la gastronomie italienne. Une séquence mondaine assumée, pensée comme une vitrine de l’écosystème créatif italien dans son ensemble.

La musique comme langage universel des Jeux olympiques

À 20 heures précises, la cérémonie s’ouvre sur une performance chorégraphique réunissant 70 danseurs de l’Académie du Teatro alla Scala. Inspirée du mythe de Psyché et Cupidon, la séquence convoque l’esthétique néoclassique italienne, notamment l’héritage d’Antonio Canova, avant de basculer vers une explosion de couleurs portée par des œuvres de Verdi, Puccini et Rossini. Plus de 500 musiciens participent à la bande-son originale de la soirée.

La musique pop prend ensuite le relais. Mariah Carey fait son entrée sur la scène du San Siro avec une relecture de Nel Blu, Dipinto di Blu de Domenico Modugno, revisitée à travers son registre vocal iconique, avant d’interpréter l’un de ses titres. Une manière de relier patrimoine italien et star power international.

La cérémonie rend également hommage à Giorgio Armani, disparu quelques mois plus tôt. Des mannequins défilent dans des créations aux couleurs du drapeau italien, rappelant le rôle structurant de la mode dans l’identité culturelle du pays. Sous ce même drapeau, Laura Pausini interprète l’hymne national, avant le long défilé des délégations sportives, ponctué d’ovations mais aussi de réactions politiques marquées dans les tribunes.

Entre discours institutionnels et prises de position artistiques

Les discours officiels s’inscrivent dans une tonalité résolument universaliste. Giovanni Malagò, président de la fondation Milano Cortina, évoque la fierté nationale et la responsabilité des Jeux dans un monde fragmenté. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, insiste quant à elle sur le rôle exemplaire des athlètes comme symboles de résilience et de respect.

Moment fort de la soirée, la lecture d’un texte inspiré de Nelson Mandela par Charlize Theron, Messagère de la paix des Nations unies, prépare le terrain à l’arrivée de la flamme olympique. Celle-ci est accompagnée par Nessun dorma, extrait de Turandot, interprété par Andrea Bocelli, au moment précis où la flamme atteint son point culminant.

Enfin, la performance du rappeur Ghali s’impose comme l’une des séquences les plus commentées. Récitant le poème pacifiste Promemoria de Gianni Rodari en trois langues, l’artiste livre un message simple mais frontal contre la guerre. Peu mis en avant par la diffusion télévisée, ce moment cristallise néanmoins les tensions politiques sous-jacentes à ces Jeux.

Avec l’allumage simultané des vasques olympiques à Milan et à Cortina, les Jeux d’hiver 2026 s’ouvrent officiellement, confirmant que, plus que jamais, la musique et la culture demeurent des outils centraux du récit olympique.