Mozart AI lève 6 millions de dollars pour démocratiser la production musicale
Les trois cofondateurs de Mozart AI : Arjun Khanna, Sundar Arvind et Pascual Merita
Mozart AI annonce une levée de fonds de 6 millions de dollars menée par Balderton Capital. Cette dernière porte son financement total à plus de 7 millions depuis son lancement public fin 2025. L’annonce s’accompagne du déploiement d’une application mobile qui étend les capacités de sa station de travail audio générative.
Les trois fondateurs de Mozart AI amènent chacun une expertise différente : Sundar Arvind (PDG) est un ancien joueur de tennis professionnel signé chez Spinnin’ Records, Arjun Khanna (directeur des opérations) fut représentant de l’Inde en compétitions mathématiques internationales tandis que Pascual Merita (directeur technologique) est producteur, DJ, pianiste classique et chercheur en IA. Mozart AI affirme se positionner différemment des générateurs de morceaux par prompt comme Suno ou Udio.
Une approche collaborative de la MAO
Plutôt que de produire des titres finis à partir de simples descriptions textuelles, la startup se présente comme une station de travail audionumérique complète , en intégrant l’intelligence artificielle comme copilote créatif. « Loin de remplacer la créativité, l’IA amplifie ce processus rempli d’adrénaline par lequel les musiciens composent et découvrent les bons sons. », explique Sundar Arvind dans le communiqué de presse de la levée de fonds.
La particularité de Mozart AI réside dans son approche collaborative. Comme le détaille Pascual Merita Torres, cofondateur et directeur technologique, à Billboard France : « Les logiciels de musique assistée par ordinateur (MAO) traditionnels sont conçus pour un usage individuel, ce qui crée une expérience solitaire. Pour collaborer avec d’autres musiciens, il fallait se retrouver dans un espace physique. Avec Mozart AI, nous rendons la musique multijoueur. »
La plateforme propose deux modes : les « Vibe Sessions » pour une création rapide et exploratoire — l’équivalent musical du « vibe coding » — et les « Studio Sessions » pour un contrôle plus granulaire. Les utilisateurs peuvent partir d’une idée vocale brute, d’un riff de guitare ou d’une simple progression MIDI, puis construire autour. L’IA gère en arrière-plan des tâches comme la quantification, le time-stretching et le sound design, tout en permettant de travailler au niveau des stems, des instruments ou des notes individuelles.
Un modèle éthique et commercial clair
Selon ses fondateurs, Mozart AI ne s’entraîne pas sur de la musique protégée par des droits d’auteur. Elle s’appuie sur des bases de données commercialement licenciées et intègre des modèles tiers, dont ElevenLabs comme fournisseur principal. « Quand ElevenLabs lève beaucoup d’argent, ça nous profite aussi », confie Sundar Arvind à Forbes. « Nous grandissons avec eux. »
Après une phase bêta gratuite, la startup a lancé un système d’abonnement mensuel et annuel. « L’inférence audio coûte beaucoup moins cher que la vidéo », note le CEO. « On peut construire un business très durable dans l’audio. »
Des pros et des amateurs
Pascual Merita ajoute pour Billboard France : « L’outil est fait pour les débutants et pour les professionnels, mais cela nous a surpris d’attirer autant d’utilisateurs des deux catégories. » Parmi ses utilisateurs figurent des producteurs affiliés à A$AP Rocky (Frans Mernick), Avicii (Ash Pournouri), Kodak Black et Lil Baby (Umair Ali). Le producteur brésilien Arthur Penna, qui travaille avec des artistes signés chez Sony, utilise Mozart AI comme complément à ses habitudes de travail : « L’IA est un outil qui me permet d’amplifier ma voix et d’avoir un produit plus abouti, que ce soit pour une démo à envoyer à un label ou à un chanteur célèbre. Cela demeure ma propre composition, mes propres paroles, ma propre production. »
Dans le communiqué de presse, Ash Pournouri, ancien manager d’Avicii, ajoute : « Les grands gagnants de la course à l’IA musicale seront les plateformes qui se présentent comme des outils plutôt que comme des menaces pour les créatifs. »
Expansion rapide
Après son lancement sur Product Hunt en septembre 2025, Mozart AI affirme avoir enregistré plus de 100 000 inscriptions et 1 million de morceaux créés sur sa plateforme en 2 mois. La startup déclare même que certains titres réalisés avec l’outil cumulent désormais plus de 10 millions d’écoutes sur Spotify.
Daniel Waterhouse, General Partner chez Balderton Capital, justifie l’investissement : « Les entreprises qui gagneront seront celles qui travaillent avec et pour les musiciens, et non contre eux. Au lieu d’être freinés par des logiciels legacy complexes et inaccessibles, Mozart AI permet aux musiciens de consacrer plus de temps au processus créatif. »
Le tour de table réunit également Mercuri, EWOR, Kevin Hartz (fondateur d’Eventbrite), Charles Ferguson (réalisateur oscarisé) et Emery Wells (fondateur de Frame.io), aux côtés d’investisseurs existants et d’anges stratégiques issus de la musique, de l’IA et de la tech créative.
L’équipe de dix personnes prévoit de passer à vingt-cinq d’ici la fin de l’année.« La création n’est que la phase un », conclut Sundar Arvind. « Il faut un lieu où toute cette musique puisse vivre. » Les prochaines priorités pour Mozart AI : la collaboration en temps réel et la distribution.