Yaarz lève 1 million d’euros pour digitaliser la vente de merchandising en concert

La startup parisienne veut professionnaliser la vente de produits dérivés lors des tournées grâce à une plateforme SaaS et une communauté de vendeurs locaux.

L'équipe de Yaarz

Crédit : Yaarz

Yaarz, spécialisé dans la digitalisation de la vente de merchandising en contexte événementiel, a bouclé un tour de table d’1 million d’euros, en fonds propres et en dette, auprès de Sony Music Entertainment France, du CNM, de Bpifrance, de French Flair (management de Ben Mazué), de Haut-Parleur Production et d’un réseau de business angels.

Fondée par Yohan Imakhoukhene et Kevin Muller, l’entreprise incubée à Station F développe une plateforme SaaS et une application mobile pour gérer et optimiser la vente de merchandising lors des concerts et tournées. Les fonds levés doivent servir au renforcement des équipes, au développement des fonctionnalités data et omnicanales, et à la préparation d’une expansion européenne à horizon 2027.

Une boîte à outils née du terrain

L’histoire de Yaarz commence pendant le Covid. Yohan Imakhoukhene et Kevin Muller dirigent alors PULP PEAK, une société de merchandising traditionnelle. « Quand la pandémie nous est tombée dessus, on a eu du temps pour se réinventer. On s’est dit qu’il fallait créer une solution digitale qui réponde à toutes les difficultés qu’on avait eues pendant dix ans », explique Yohan Imakhoukhene. Après deux ans de R&D sur le produit et la marque, le lancement commercial intervient début 2024.

Ce dernier intègre l’ensemble des spécificités de la vente événementielle : configuration de projets, gestion stratifiée des stocks (stocks centraux, stock en tournée, stock par boutique, stock Click & Collect), rôles collaboratifs permettant à un artiste ou à un manager de suivre les performances en temps réel, et exports financiers pour le traitement des royalties.

« C’est un métier historiquement opaque où il n’y avait pas de données en temps réel. Nous ramenons une vision collaborative de l’activité », détaille le cofondateur et président.

Des premiers clients aux premiers investisseurs

Ancien collaborateur de Sony Music, Yohan Imakhoukhene a conservé des liens étroits avec la major, qui a fait partie des premiers utilisateurs de Yaarz.

La startup revendique 12 millions d’euros de volumes de transactions sur la plateforme et plus de 55 000 ventes phonographiques certifiées par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). Autrefois invisibles car réalisées en concert sans outil de remontée, ces dernières contribuent désormais aux certifications et aux classements édités par le SNEP. Yaarz a traité 312 événements en 2025 et couvre 22 tournées. Parmi ses utilisateurs figurent des artistes commeBigflo et Oli, Orelsan, Zaho de Sagazan, PLK, Gazo, Tiakola ou encore Harry Styles.

Le Click & Collect, fonctionnalité clé

Parmi les fonctionnalités proposées, le Click & Collect occupe une place centrale. La plateforme permet de générer un store accessible via un QR code affiché sur les écrans de la salle. Les spectateurs commandent depuis leur téléphone et récupèrent leurs achats à la fin du concert, sans passer par le stand.

« Avec le Click & Collect, on a comparé les données avec et sans : c’est entre 15 et 20% de chiffre d’affaires en plus sur un concert, lié aux fans qui ne se découragent plus devant les files d’attente au stand de merch », avance Yohan Imakhoukhene, qui précise que la fonctionnalité fonctionne particulièrement bien auprès des audiences Gen Z.

Une communauté de vendeurs locaux

Au-delà de la technologie, Yaarz a développé un service complémentaire pour les petites et moyennes tournées : une communauté de 150 vendeurs locaux, qu’il nomme les « Yaarzer ». « Ce n’est pas l’ubérisation du merch. Les équipes sur le terrain sont directement employées par Yaarz », insiste Yohan Imakhoukhene.

Ce modèle répond à un problème concret pour les artistes jouant dans des salles de 400 à 1 500 places : l’impossibilité économique de transporter un vendeur de merchandising sur toute une tournée. « L’économie dans les petites salles est difficile. Les frais logistiques autour du vendeur s’accumulent (voyages, hôtels, restauration) et érodent les marges. Avec les Yaarzer, on relocalise la force de vente et on réduit l’empreinte carbone des projets tout en viabilisant les tournées de petites et moyennes jauges », explique le président.

Un SaaS à abonnement, une offre gratuite à venir

Le business model repose sur un abonnement mensuel modulable selon les fonctionnalités choisies (Click & Collect ou non, frais de transaction dégressifs selon les forfaits), auquel s’ajoutent des frais de transaction sur les paiements traités via l’application. Une offre gratuite devrait être lancée dans les prochaines semaines, destinée aux artistes indépendants qui n’ont qu’une ou deux dates par mois.

À moyen terme, Yaarz ambitionne de s’étendre au-delà de la musique vers le sport et le food & beverage, tout en accélérant son développement international en Europe. « Yaarz a vocation à être un outil de vente événementielle au sens large, même si notre genèse, c’est la musique, parce qu’on vient de là. », conclut Yohan Imakhoukhene.

Propos recueillis par Ulysse Hennessy pour Billboard France