Zélie : « J’ai longtemps eu honte d’oser penser que j’avais du talent. »

Après une Cigale complète en janvier dernier, un Olympia annoncé pour la fin d’année, et un passage remarqué à la Star Academy, Zélie est sur tous les fronts. Et elle ne risque pas de s’arrêter là, avec l'arrivée imminente de son nouvel album.
Zélie à l'hôtel Bourg Tibourg.

Zélie à l'hôtel Bourg Tibourg.

Crédit : Frankie & Nikki pour Billboard France.

Le 27 février, Zélie dévoilera Le cœur et sa dictature. Un deuxième album qui accompagne un tournant décisif dans sa carrière : la création de sa propre structure, LABEL & LA Z, fondée avec sa manageuse et distribuée par Sony Music.

Un virage porté par une envie profonde, celle de relier toutes les facettes de son identité pour proposer une musique qui lui ressemble davantage. À commencer par la danse, qu’elle pratique depuis l’enfance et souhaite intégrer de manière croissante à ses tournées et son univers créatif.

Zélie veut également inscrire ses engagements au cœur de son projet. Sensible aux questions liées aux droits des femmes et aux luttes LGBT+, elle évoque ces sujets tant dans sa musique qu’à travers un partenariat avec l’association Transpire, fondée par son frère.

Entre deux sessions d’écoute de son nouvel album, Zélie se confie à Billboard France sur les enjeux de l’indépendance artistique et le contexte de création de son second opus.

Beaucoup de choses ont changé pour toi depuis tes premiers projets. Est-ce que tu peux nous parler du contexte dans lequel ce nouvel album a été créé ?

Mon premier album a été fait dans une forme d’urgence liée au label. J’étais dans une structure qui valorisait beaucoup la productivité. Je n’avais pas du tout la tête à faire un album à ce moment-là, j’avais plutôt envie de faire une sorte de mixtape.

J’en reste très fière, mais je ne l’ai pas travaillé comme un album.

Le cœur et sa dictature, je l’ai composé dans une période plus complexe. Il représentait l’espoir d’un moment futur : celui où je quitterai mon label, ouvrirai le mien, avec mon équipe, mon univers… Tout ce dont je rêvais ! Sa création m’a vraiment servi de moteur et m’a donné beaucoup de force.

Sur cet album, j’ai fait absolument tout ce que je voulais. Ça paraît évident dit comme ça, mais en réalité, ce n’est pas si simple. Quand on manque de confiance en soi, on peut remettre ses propres idées en question avant même de les proposer.

C’est un peu mon premier album d’enfant qui s’autorise tout.

On me demande parfois si ce n’est pas plus difficile d’avoir son propre label. Mais je préfère mille fois ce stress à celui de ne pas me sentir moi-même ou de ne pas être entendue. 

Aujourd’hui, comment te structures-tu ? 

J’ai monté mon propre label avec ma manageuse et on est en distribution avec Sony Music.

C’est hyper subtil, cette transition entre labels, je la compare vraiment à une relation amoureuse. Quand une relation dure longtemps, on a l’impression d’avoir du libre arbitre, alors qu’en réalité on s’est simplement habitué à un mode de fonctionnement et on s’en satisfait. 

Avec mon premier label, on est restés plus de quatre ans ensemble. Ils m’ont appris énormément de choses, c’était mes premiers pas. Comme c’était ma première expérience, je ne connaissais que ce modèle-là. C’est aussi pour ça que j’ai mis du temps à réaliser que ça ne me correspondait plus.

Je commençais aussi à avoir honte de certains aspects de mon projet, de mon image… Alors que je voyais d’autres artistes construire leur carrière différemment, avec plus de liberté. 

À un moment, créer mon propre label est devenu urgent.

Aujourd’hui, on me demande parfois si ce n’est pas plus difficile d’avoir son propre label, s’il n’y a pas plus de choses à gérer. Mais je suis tellement contente, et surtout, ce n’est pas le même stress : je le préfère mille fois à celui de ne pas me sentir moi-même ou de ne pas être entendue, ça n’a rien à voir. 

Pour l’instant, il n’y a rien dans mon indépendance qui me fait souffrir.

Frankie & Nikki pour Billboard France

Concrètement, comment fonctionne votre collaboration avec Sony Music ?

Zélie : C’est un contrat de distribution améliorée. C’est un modèle qu’ont adopté des artistes comme Theodora ou Zaho de Sagazan et ça m’a beaucoup inspirée.

Ce contrat n’est pas évident à trouver à mon stade de développement. Il faut un partenaire qui te fasse confiance. On produit l’album avec notre propre label, grâce à une avance recoupable. Eux ne décident pas de la direction artistique : ils nous accompagnent sur la communication, le marketing, tout ce qui vient après.

J’ai les avantages de l’indépendance artistique, tout en bénéficiant du soutien d’un gros label. Ce sont vraiment des supers humains. Ils sont venus aux sessions d’écoute, sont présents et impliqués. 

À tes débuts justement, on te présentait comme une artiste de « pop urbaine » dans les médias. Comment est-ce que tu te positionnes par rapport à ce terme ? 

Ma manageuse et moi, on a toujours trouvé que le terme « pop urbaine » ne voulait rien dire.

Je pense qu’il y avait un peu ce truc de « Zélie, c’est juste une chanteuse pop, ça ne suffit pas. Il y en a d’autres qui font ça. » Donc on essayait de me présenter différemment. 

Mais je n’ai jamais fait exprès d’avoir des flows qu’on assimilait au rap, c’est juste que ça fait partie de ce que j’écoute. Je suis très influencée par le rap français. Je pense que c’est en partie pour ça que j’aime bien écrire des phrases avec du débit, avec beaucoup de mots.

C’est plus en termes d’instru, où j’adore poser sur de la trap. Quand je n’avais pas encore de compositeur et que j’étais au lycée, je cherchais des instrus de rap sur YouTube. J’étais aussi fan d’artistes qui le faisaient comme Angèle sur son premier album, où il y a des prods trap. 

Il y a plein de pans à la pop et je n’ai pas tout le temps envie de poser sur des drums popifiés.

De l’extérieur, on a l’impression que ton image a beaucoup évolué. Elle paraît plus sombre, plus assumée. Est-ce que ça vient simplement d’une évolution de tes goûts, ou du fait que tu te sens plus libre aujourd’hui ?

Je pense que c’est un mélange des deux.

Quand j’avais des idées qui n’étaient pas prises en compte, ce n’est pas forcément que le label ne voulait pas les faire, c’est qu’on était dans un mode de fonctionnement où on bossait tout le temps dans l’urgence. Ils m’ont fait sortir plus de 60 chansons en 4 ans, donc je ne pouvais jamais aller au bout de mes idées. 

Ce qui fait que je suis fière de l’album qui va sortir, c’est qu’au-delà des idées, on a trouvé les partenaires qui fonctionnent aussi : par exemple, pour l’image, on travaille avec des artistes que je kiffe et qui comprennent mes idées.

Ce sont des choses auxquelles je ne pensais pas avant parce que c’était un label avec une équipe un peu restreinte, très proche, ce qui faisait qu’on ne pouvait pas trop collaborer avec d’autres gens extérieurs. 

Au vu de mon âge, j’étais dans une sorte d’emprise émotionnelle involontaire avec eux. Ils m’ont signée quand j’avais 500 abonnés. Ils m’ont énormément apporté. Donc, je ne me permettais pas de dire quand quelque chose me plaisait moins. Je ne voulais pas casser l’élan. Ce n’est la faute de personne, mais un fonctionnement toxique s’est installé, et j’ai eu besoin de couper les ponts. 

Je me suis rendu compte que c’était surtout un manque de confiance qui faisait que je me sentais perdue, surtout en tant que femme dans le milieu de la musique. Si on me laisse le temps, je sais très bien ce que je veux.

Quel rôle est-ce que tu joues dans la création de tes visuels ?

Pour cet album, on est partis cinq jours dans le sud avec des artistes dont j’adore le travail, ainsi que la chorégraphe et le metteur en scène de ma tournée. On a pris le temps de se poser une question simple : « Qu’est-ce que ces chansons vous évoquent ? »

Personne n’avait les mêmes influences : c’était un peu scolaire, mais très intéressant. C’est un travail que je n’avais jamais fait avant, et c’est pour ça que l’image résonne plus en moi et qu’elle est forcément plus aboutie.

Avant, je donnais mon avis, je faisais des moodboards. Mais entre l’idée initiale et le résultat final, il y avait toujours une forme de décalage. 

Je découvre encore ma manière de m’investir dans l’image. Le prochain clip est basé sur une idée originale que j’ai proposée moi-même, et c’est une première. 

Trouver mon personnage en tant qu’artiste était un peu une étape qui me stressait parce que je ne savais pas par où commencer : dans la vie de tous les jours, je n’ai pas une image très définie, je peux être un peu madame tout le monde.

C’est pour ça qu’on est partis avec des personnes qui me connaissent bien et qui connaissent bien mon projet, à savoir la chorégraphe et le metteur en scène de ma tournée, parce qu’on voulait que tout ait un lien, que ce soit la musique, les visuels, ou le live.

Mais je me suis rendu compte que c’était surtout un manque de confiance qui faisait que je me sentais perdue, surtout en tant que femme dans le milieu de la musique. Si on me laisse le temps, je sais très bien ce que je veux.

Avant, j’avais l’impression qu’il fallait correspondre à une certaine hyperféminité que je me mettais une pression pour atteindre. Aujourd’hui, j’essaie de trouver une manière d’être sexy qui me ressemble. Mais au final, qu’est-ce que ça veut dire, être sexy ? Qu’est-ce que ça veut dire être féminine ? 

L’aspect plus sombre vient aussi de la musique. L’album est plus électronique, parfois plus dérangeant. On a exploré d’autres textures vocales, des choses presque démoniaques. 

Je voulais un peu que le projet ait des airs de « film d’horreur pop » et je trouve que c’est très réussi.

Frankie & Nikki pour Billboard France

Comment tu te situes par rapport à l’étiquette d’artiste engagée ? J’ai l’impression qu’en tant que femme, le simple fait de raconter ta vie et donc les discriminations que tu vis malgré toi est souvent perçu comme un acte militant.

Zélie : En réalité, j’écris d’abord sur ce que je vis. Je ne me dis jamais : « Tiens, je vais écrire une chanson engagée. » Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. 

De manière plus personnelle, que ça se ressente ou non dans mon album, je suis très engagée dans la vie de tous les jours, notamment sur certains sujets précis : la cause des femmes et les questions liées aux droits LGBT.

J’ai un frère transgenre qui m’a appris beaucoup de choses sur la transidentité et les luttes LGBT. Donc forcément, ça façonne ma manière d’écrire. 

En revanche, le fait de choisir de sortir ces chansons, de les défendre en interview, de les chanter sur scène, ça devient un engagement d’une certaine manière. 

On peut recevoir énormément de violence sur les réseaux quand on prend position. Je trouve ça courageux de notre part de maintenir notre voix alors qu’on pourrait aussi choisir de se préserver et de garder cet engagement pour nous.

J’ai reçu énormément de commentaires qui m’ont fait mal et pour autant je continue de parler de mon engagement, parce que ça fait partie de moi, que j’ai envie que ça fasse partie du projet et qu’il faut que les gens le sachent.

Pendant longtemps, je pensais que pour plaire au plus grand nombre et avoir la possibilité de faire des Zéniths, il fallait que je lisse certaines facettes de ma personnalité.

Est-ce qu’il y a des artistes qui t’ont montré que c’était possible de réussir en évoquant des sujets politiques ?

Zélie : Oui, clairement Theodora.

Elle est la preuve vivante qu’il ne faut pas trop écouter ce que les gens disent, parce qu’une fois que quelqu’un fait ce qu’il veut de manière assumée et que c’est sincère et authentique, les gens finissent par comprendre.

Elle m’inspire en tant que personnalité publique aussi, dans ce qu’elle dit, dans l’humour qu’elle a, l’autodérision qu’elle a, le fait de savoir s’engager politiquement sans que ça devienne autre chose que de l’art. 

Musicalement aussi, elle est hyper éclectique. Moi, je viens d’une école où on nous a dit qu’il fallait vraiment choisir un style de musique précis, et elle a déglingué toutes mes certitudes.

Et surtout, elle a montré que c’est stylé d’avoir confiance en soi et de l’assumer, que ça ne fait pas forcément de toi une personne hautaine ou arrogante. Moi, j’ai longtemps eu honte de croire en moi, alors que ça fait longtemps que je crois en moi. 

Aujourd’hui, c’est presque plus acceptable de minimiser son talent que de dire qu’on croit en soi. Alors que moi, j’ai vite pensé que j’avais du talent et des choses à dire. 

Solann m’inspire beaucoup aussi dans ses engagements et dans ses positionnements. Elle répond aux critiques des gens qui trouvent que les artistes ne devraient pas être politisés en leur expliquant le contraire, très justement. 

Pendant longtemps, je pensais que pour plaire au plus grand nombre et avoir la possibilité de faire des Zéniths, il fallait que je lisse certaines facettes de ma personnalité. Pourtant, j’ai beaucoup de privilèges : je suis blanche, je rentre dans les codes, mais j’avais quand même l’impression qu’il fallait que je me restreigne, que je choisisse davantage ce que je montre et que je cache le reste.

En réalité, aujourd’hui, plus j’en montre, plus je suis fière de ce que je fais et plus ça se passe bien.

Frankie & Nikki pour Billboard France

Quand tu écris, est-ce que tu penses à la réception des morceaux sur scène ?

Ce qui est génial, c’est que j’ai écrit ce nouvel album avec l’expérience d’une tournée. 

Forcément, ça m’a inspirée dans l’écriture du deuxième album. Par exemple en écrivant le refrain de Ce corps, la quatrième chanson de l’album, qui parle des violences sexuelles, je me suis rappelée que sur scène, j’étais parfois frustrée du fait que mes mélodies ne soient pas assez « hurlables ». C’est-à-dire, qu’elles ne se prêtent pas trop au fait que les gens les crient.

Je me souviens que ce morceau, je l’ai écrit en me disant : « Celle-là, on va pouvoir la gueuler sur scène et ça va être hyper libérateur. »

Est‑ce que ça t’a demandé du temps avant de pouvoir chanter sans gêne ce que tu écrivais sur scène ?

Sur scène, je n’ai plus peur de rien et c’est commun à beaucoup d’artistes. C’est comme si tous les pans de ma personnalité étaient multipliés par 10, alors que dans la vie de tous les jours je n’ai pas tout le temps confiance en moi. Quand je débats, je peux me sentir hyper naze sur les sujets politisés, alors que sur scène, quand il s’agit de défendre des chansons que je connais et que j’ai écrites, je sais précisément où je veux en venir donc ça ne me gêne pas du tout.

Tous les moments qui humanisent le projet comptent énormément pour moi. Ils permettent de rappeler que je ne suis pas à mettre sur un piédestal.

Tu as fait de la danse pendant longtemps. Comment est-ce que tu l’incorpores dans ta carrière aujourd’hui ?

Il y a énormément de danse sur scène. Il y en avait déjà pas mal sur la première tournée, mais il y en aura encore plus sur la deuxième. 

J’ai fait de la danse contemporaine pendant longtemps, mais j’ai arrêté non seulement car ce n’était pas un moyen d’expression suffisant pour moi et que je savais que je ne trouverais pas mon identité dans cet art-là, mais également car j’avais l’impression que la danse contemporaine avait un côté très élitiste et inaccessible. Je me sentais trop conne pour ce monde-là. 

Maintenant, je me sens prête à me réconcilier avec la danse contemporaine, et surtout à la rendre plus accessible. Et ça me fait plaisir, parce que j’ai l’impression qu’il me fallait du temps pour relier ces deux mondes. 

Je veux qu’il y ait de la danse à fond sur le projet et qu’on me reconnaisse pour ça, je veux vraiment que ça fasse partie de mon identité.

D’ailleurs, pour la sortie du single Copine le 9 janvier, on a organisé un workshop de danse : une heure et demie de cours avec une soixantaine de fans. J’animais le cours avec ma chorégraphe. On l’a fait en partenariat avec l’association de mon frère, Transpire, qui organise des événements sportifs inclusifs pour les minorités de genre moins à l’aise avec les espaces classiques, et sensibilise aux difficultés que rencontrent encore les personnes trans dans le milieu du sport.

Tous ces moments qui humanisent le projet comptent énormément pour moi. Ils permettent de rappeler que je ne suis pas à mettre sur un piédestal.

Ça me permet de réaliser que ma vie ne part pas complètement dans tous les sens, que je reste entourée de gens normaux, et que moi aussi, je suis une personne normale. J’ai le droit d’être une fille de mon âge qui traverse certaines choses. C’est aussi une manière de désacraliser la figure de la chanteuse.

Frankie & Nikki pour Billboard France

Aujourd’hui, je pense que j’ai trop envie de faire ce métier pour me faire du mal à regarder des commentaires aussi impertinents.

En tant qu’artiste assez présente sur les réseaux sociaux, comment fais‑tu pour te détacher des avis et des critiques sans perdre en proximité avec ton public ?

Au début, c’était très compliqué. Par exemple, avant de passer à la Star Academy, j’étais en panique totale. J’ai vu ma psy deux jours avant, et ce n’était même pas la performance qui m’inquiétait. C’était la peur que les gens n’aiment pas.

Je savais que c’est une émission regardée par énormément de monde. Quand tu arrives dans un contexte comme ça, tu perds totalement le contrôle. Il y aura forcément des gens qui ne vont pas aimer ce que je fais, ou qui vont me trouver moche, parce que les gens disent tout et n’importe quoi en commentaire.

Une semaine avant l’émission, j’ai commencé à regarder ce qui se disait autour de la Star Academy. Je me suis rendu compte que, peu importe la qualité des performances, il y avait toujours énormément de critiques.

Finalement, l’émission est passée, et je n’ai tout simplement pas lu les commentaires. Je me suis rendue compte que je recevais aussi beaucoup d’amour, on me l’a dit, j’ai vu l’impact sur mes streams, donc j’ai choisi de ne garder que le positif.

Je pense que j’arrive à un moment de mon développement où je comprends que je ne peux plus tout contrôler, que ça ne sert plus à rien de regarder chaque commentaire. 

Il y a quelques années, si je faisais 100 000 vues sur une de mes vidéos, j’avais la boule au ventre pendant trois jours parce qu’il y avait quelques commentaires négatifs. Je désinstallais Instagram en me disant que ce métier était horrible, que je n’allais pas y arriver.

Aujourd’hui, je pense que j’ai trop envie de faire ce métier pour me faire du mal à regarder des commentaires aussi impertinents.

Frankie & Nikki pour Billboard France

Finalement, comment est-ce que ce passage à la Star Academy s’est passé ? 

Ce qui est fou, c’est que ce n’était pas du tout prévu. Dix jours avant, on m’avait dit que j’étais « dans les petits papiers », mais j’étais persuadée que ça ne se ferait pas donc j’ai un peu oublié. 

On m’a prévenue environ une semaine avant mon passage. 

Au départ, le plan était différent. Je devais chanter une reprise avec un candidat pendant le prime, et interpréter mon single après. Puis ils ont rappelé ma manageuse pour dire qu’ils voulaient finalement que je chante Je ne serai jamais pendant le prime avec une candidate, parce qu’ils avaient adoré le morceau. On m’a expliqué que c’était très rare pour un morceau aussi récent.

C’était ma première télé, et tout le monde a été adorable avec moi. Je suis tombée sur une candidate très touchante, qui s’est vraiment approprié la chanson.

En regardant le parcours de Léa, j’ai trouvé que ça faisait complètement sens : c’est quelqu’un qui a pris confiance en elle progressivement, et la chanson lui correspondait parfaitement. Ce qui comptait pour moi, c’était surtout de partager la chanson avec une fille qui puisse se sentir concernée par les paroles autant que moi.

C’était aussi l’expérience la plus stressante de ma vie. Vocalement, j’aurais aimé faire encore mieux, mais pour une première télé, dans ce contexte, j’ai fait ce que je pouvais.

Quand ma manageuse me l’a annoncé, pendant le workshop de danse avec les fans, j’ai cru que mon cœur allait tomber par terre et j’ai commencé à pleurer.

C’était très symbolique vu notre parcours. Elle travaillait justement dans mon ancien label et elle a décidé de partir pour qu’on monte notre propre structure ensemble. On a pris cette décision contre beaucoup d’avis qui nous disaient que ce serait compliqué, que l’indépendance, ce n’était pas aussi facile qu’on le pensait…

Je ne vais pas nous porter l’œil, mais on se débrouille hyper bien. Quand on fait ce qu’on aime et qu’on s’éclate à le faire, les gens le ressentent. Honnêtement, oui c’est compliqué, oui on travaille comme des folles et on est crevées, mais justement la Star Academy, même si je ne crois pas vraiment au destin, c’est comme si c’était pour nous féliciter d’avoir pris cette décision.

Je me souviens qu’au début, je me disais que si je remplissais une Boule Noire, ce serait déjà incroyable et que je pourrais arrêter ma carrière.

Après deux tournées dont un Olympia en fin d’année, quels sont tes prochains objectifs ?

Zélie : Franchement, j’ai déjà un peu tout ce que je voulais, et c’est fou de le dire ! 

Aujourd’hui, mes rêves se concentrent surtout autour des concerts : des capacités plus importantes, des tournées plus ambitieuses. J’ai fait les premières parties d’Helena au Zénith, et c’est clairement un objectif pour moi d’y passer un jour en mon nom.

Pour l’instant, on est encore à un stade où on doit se restreindre. On ne peut pas proposer exactement le même show à Paris et en province, parce que ça coûterait trop cher. Le jour où je pourrai partir en tournée avec toutes mes danseuses, mon équipe au complet… J’en rêve !

Par exemple, pour sa tournée, Helena part avec une de ses amies qui est kiné, et je trouve ça génial. 

Voir L’Olympia se remplir, ça dépasse mes rêves d’origine. Je me souviens qu’au début, je me disais que si je remplissais une Boule Noire, ce serait déjà incroyable et que je pourrais arrêter ma carrière. 

Illustrations : Frankie & Nikki
Journaliste : Maureen Frenkel
Lieu : Hôtel Bourg Tibourg