Breakly lève 250 000 euros pour faciliter le pilotage budgétaire dans le spectacle vivant
Les trois associés originels de Breakly : Barnabé Rollin (g), Julien Tanneau (centre), et Emmanuel de Nicolay (d).
Sur le secteur de l’événementiel et du spectacle vivant, le pilotage budgétaire se fait encore très largement à la main, via Excel. Breakly veut changer cette pratique et vient, dans cette perspective, de boucler un premier tour de table de 250 000 euros.
Réalisée auprès d’un pool d’investisseurs privés, cette levée doit permettre de poursuivre le développement produit et d’accélérer la dimension commerciale et marketing de l’entreprise.
Breakly comptait jusque là trois associés : Barnabé Rollin et Julien Tanneau, cofondateurs, rejoints par Emmanuel de Nicolay, le directeur technologique de l’entreprise. Deux développeurs viennent également compléter l’équipe. D’autres recrutements sont prévus dans l’année : la structure devrait atteindre sept à dix personnes en 2027, selon le rythme de développement du projet.
Un outil né du terrain
La genèse de Breakly remonte au parcours de Julien Tanneau, qui travaille dans le secteur culturel depuis une dizaine d’années. En 2024, il cofonde le festival Dystopia, dont le budget passe de 500 000 euros à près de 4 millions en trois éditions. Cette croissance met en lumière les limites du pilotage budgétaire sur Excel, générateur d’erreurs de saisie et de ressaisies multiples : « Ça occasionnait de la friction entre les équipes, de la friction comptable », résume Julien Tanneau.
Faute d’outil existant sur le marché, le fondateur entame une série d’une quarantaine d’entretiens auprès de producteurs, diffuseurs et festivals de toutes tailles, en pensant intéresser surtout de petites structures. Il se retrouve pourtant rapidement dans les bureaux de majors du live, confrontées au même problème. Ces dernières lui apprennent d’ailleurs avoir déjà tenté de développer des outils de pilotage budgétaire en interne, sans y réussir. Une situation que Julien Tanneau attribue à un manque d’ancrage dans le métier : « C’est difficile d’y arriver quand on ne vient pas du secteur, quand on ne s’entoure pas de gens du secteur », observe-t-il.
Sur la base de ces échanges, menés tout au long de l’année 2025, Breakly est conçu. Sa conception s’articule autour d’une question simple posée à chaque interlocuteur : « Qu’est-ce qui serait révolutionnaire pour vous dans un outil de pilotage budgétaire ? ».
Connecter le prévisionnel et le réel
Après un peu plus d’un an de développement sur fonds propres, Breakly propose aujourd’hui un module dédié aux producteurs tourneurs permettant de construire un budget de production de bout en bout, du deal mémo jusqu’au budget prévisionnel, pour une tournée comme pour plusieurs dizaines de dates. S’y ajoutent des modules de gestion des achats adaptés aux petites structures et aux grands groupes, avec workflows de validation, de gestion des recettes, ainsi qu’un centre de gestion documentaire centralisant factures et devis avant transmission au comptable.
L’enjeu principal de l’outil est de connecter le prévisionnel et le réel en direct, là où le secteur fonctionnait jusqu’ici à retardement. « La friction jusqu’à aujourd’hui, c’était de dire : moi je crée mon prévisionnel sur Excel et entre le moment où j’ai mon prévisionnel et le moment où j’ai mon réel, il se passe un exercice comptable », explique Julien Tanneau.
Breakly s’appuie pour cela sur des connecteurs avec les outils déjà utilisés dans le secteur : une intégration avec PIMS, le logiciel de pointage des plus grosses structures de production, a été annoncée, permettant aux recettes de billetterie de remonter automatiquement dans les budgets là où jusqu’à présent il fallait sur Excel copier manuellement la recette. La plateforme est également connectée à GHS pour la paie, ainsi qu’à Weezevent, et travaille à des intégrations avec Pennylane et France Billet, notamment pour la comptabilité.
Cette base de fonctionnalités, qui couvre tout le cycle du budget prévisionnel jusqu’au réel final, s’adresse à la fois aux équipes de direction via des tableaux de bord mis à jour en temps réel et des catégories de charges et de recettes personnalisables, aux équipes de production, et progressivement aux équipes comptables.
Vers le pilotage financier
Avec cette levée, Breakly veut franchir une étape : passer du pilotage budgétaire à un pilotage financier plus large, en renforçant la conformité comptable, en intégrant de l’intelligence artificielle et en développant des fonctionnalités de prévision de billetterie. L’objectif est de fluidifier le pont entre les équipes de production et de comptabilité, et d’améliorer la prise de décision pour les directions, afin de devenir l’outil de référence en gestion financière pour les producteurs, festivals, diffuseurs et salles.
En parallèle, la startup compte intensifier sa présence commerciale et marketing pour aller chercher des structures de moyenne et grande taille, au-delà des acteurs très installés avec lesquels elle échange déjà. Julien Tanneau le résume en une phrase : « L’idée, ce n’est pas de se conforter là-dedans, mais d’aller aussi chercher toutes les structures qu’on pourrait accompagner. »