La Sacem collecte 1,7 milliard d’euros en 2025, portée par l’international

EXCLUSIF. L'organisme de gestion collective présente des résultats en hausse de 9 %, tirés par le numérique et les revenus hors de l'Hexagone.

Siège social de la Sacem à Neuilly sur Seine

Crédit : Sacem

En 2025, la Sacem a collecté 1,704 milliard d’euros dans le monde, dont 845 millions à l’international (+13 %) et 859 millions en France, un marché globalement stable. Alors qu’il fêtait début 2026 son 175ème anniversaire, l’organisme de gestion collective dévoile des résultats en hausse. Il a ainsi réparti 1,502 milliard d’euros l’année passée à 663 000 créateurs et éditeurs, une augmentation de 9 % par rapport à 2024, tout en maintenant son taux de charges à 9,8 %.

« Nos membres s’exportent désormais dans le monde entier ; pour certains, les streams à l’étranger représentent 50 % à 60 % de leurs revenus », explique sa directrice générale-gérante, Cécile Rap-Veber, à Billboard France. « On l’a vu avec L’Impératrice ou Gojira, sans même parler de DJ Snake ou David Guetta. La liste des créateurs français ayant une exposition mondiale s’allonge. »

Le numérique, premier moteur de croissance

Les collectes internationales et numériques progressent de 30 % sur les deux dernières années. Près de 40 % des droits générés par le streaming musical des membres Sacem sont désormais collectés directement à l’étranger.

Cette dynamique s’appuie sur d’importants investissements technologiques : la Sacem a migré sa plateforme de gestion des droits numériques, URights, dans le cloud, ce qui lui permet, affirme-t-elle, de « traiter les données des plateformes de streaming dix fois plus vite qu’auparavant, pour un coût cinq fois moindre ». La commission prélevée sur les droits en ligne poursuit ainsi sa baisse, passée de 10 % en 2016 à 9 % en 2017, puis 8 % en 2024, et désormais 7 % en 2026.

Sur l’intelligence artificielle, prochain chantier stratégique, Cécile Rap-Veber se veut offensive : « La Sacem a toujours su trouver des accords avec la tech, et c’est ce qui nous anime aujourd’hui. » Elle précise que « 2026 sera une année déterminante, portée par les évolutions législatives en cours. »

663 000 créateurs rémunérés, un bond de 30 % en un an

La Sacem est passée de 511 000 à 663 000 créateurs et éditeurs rémunérés entre 2024 et 2025. Une hausse que Cécile Rap-Veber explique par deux facteurs : « La fragmentation des œuvres (il y a de plus en plus de collaborateurs sur un même titre) et l’élargissement de nos partenariats internationaux. Nous représentons désormais des sociétés coréennes, indiennes et bien d’autres. »

C’est notamment la conséquence d’accords signés avec le Burida (Côte d’Ivoire) et la Sodav (Sénégal) pour gérer leurs droits numériques à l’échelle mondiale. En parallèle, l’organisme a accueilli 13 700 nouveaux membres, dont un quart de moins de 25 ans. Sur le territoire français, 17,8 millions d’euros ont été consacrés à l’action culturelle, soutenant 3 801 projets — 514 festivals, 178 salles et 1 250 concerts dans des lieux de proximité.