« Devenir la boîte tech-musique numéro un » : les ambitions de naiart

Fondée en 2021 avec l’objectif de combler un retard pris par l'industrie musicale sur le terrain de la donnée, l’agence ambitionne de devenir la boîte tech-musique numéro un.

Sofiane Nemer, fondateur de naiart

Sofiane Nemer, accompagné de son associé Julien Burgel, positionne naiart sur un double terrain, entre marketing classique et développement d’outils technologiques propres. Cinq ans après sa création, l’agence a accompagné des artistes comme Hamza, Bigflo & Oli ou El Grande Toto.

Pour Billboard France, Sofiane Nemer revient sur la genèse du projet, les outils proposés par naiart, sa méthode de campagne et sa vision concernant l’IA.

Une agence née du terrain

L’idée de naiart prend forme dans l’esprit de Sofiane Nemer lors de son expérience en tant que chef de projet digital chez SPKTAQLR. Au fil des différents projets qu’il accompagne, il constate un manque récurrent dans le secteur de la donnée au sein de l’industrie musicale, en particulier la difficulté à cibler, collecter et exploiter l’information. « Dans toutes les start-up, il existe des logiciels de data performants. Or dans la musique, je trouvais qu’il y avait du retard à ce niveau », résume Sofiane Nemer, également passionné de tech et d’e-commerce.

Ce constat le pousse à quitter le label dirigé par Oumar Samaké pour se lancer en indépendant dans la perspective de résoudre ces problématiques. Il fonde ainsi naiart en 2021, un an après avoir cofondé Digital Feather, une agence de communication digitale et de création de contenu à 360 degrés.

Un positionnement hybride

naiart se présente comme une agence marketing orientée tech et data. Son activité couvre le ciblage publicitaire, l’analyse de données et la gestion de campagnes sur les principaux réseaux sociaux, de la précommande à la billetterie.

L’agence a également développé plusieurs solutions propriétaires. Offcall, lancée en début d’année, se présente comme le premier CRM pensé pour les métiers du divertissement. Elle permet aux artistes de récupérer les numéros de téléphone de leurs fans et de constituer une base de données propre, indépendante des algorithmes des plateformes. Elle est aujourd’hui intégrée sur les réseaux de plusieurs artistes, dont GIMS, Dinos et Lacrim.

Plug, second produit de naiart, gamifie les écoutes Spotify des fans via un système de classement. « On l’a lancée en un week-end. Le premier jour, il y a eu plus de 90 000 téléchargements et on a fait Top 1 sur l’App Store », rappelle Sofiane Nemer.

Enfin, naiart propose Open2App, un service gratuit qui permet de générer un lien alternatif redirigeant directement vers l’application YouTube, en conservant la connexion au compte de l’utilisateur, résolvant ainsi un problème récurrent d’engagement des fans.

Tableau de bord de l’outil Offcall

Le choix de la durée

Sur la partie publicitaire, l’indicateur suivi par naiart dépend du type de campagne. Pour la vente de produits physiques, l’agence se base sur la rentabilité. Pour une campagne YouTube, elle se fonde sur le coût par vue. Pour le streaming, plus difficile à mesurer précisément, elle raisonne en coût par clic. Sur l’album commun de Gazo et Tiakola, une centaine de publicités différentes ont ainsi tourné en simultané pour identifier les titres les plus porteurs.

Là où, selon Sofiane Nemer, la France concentre ses efforts marketing sur la première semaine de sortie d’un projet, naiart souhaite s’inspirer du modèle américain en réalisant un travail marketing continu. « Aux États-Unis, tu peux sortir un album, ne même pas être dans le top au départ, et de semaine en semaine rentrer et gagner des places. Notre but, c’est de faire durer le projet », explique le fondateur.

Des majors aux structures indépendantes

L’agence revendique l’application d’une méthode universelle, quel que soit le genre musical ou le stade de carrière de l’artiste

Depuis sa création, elle a travaillé avec des profils allant de la pop au rap, dont Angèle, Kaaris, Julien Doré et VEN1, ainsi qu’avec des maisons de disques comme Sony Music et Universal Music, aux côtés de structures plus petites. « C’est beaucoup plus agile et beaucoup plus flexible de bosser avec une petite équipe. Il y a moins de processus de validation », relève Sofiane Nemer, qui observe par ailleurs une diffusion homogène des tendances du secteur, quelle que soit la taille de la structure.

L’IA envisagée comme outil de contenu

Sofiane Nemer ne se positionne pas sur la génération musicale par IA, un sujet en dehors de son champ d’expertise. « Je vois bien l’IA comme une ferme à contenu pour un artiste », affirme-t-il, y voyant un outil pour démultiplier le contenu disponible autour d’un artiste, notamment via des visualiseurs plus travaillés que les formats actuels. Pour lui, le principal problème aujourd’hui, pour les maisons de disques comme pour les petites structures, reste le manque de matière à exploiter

Avatar 3D de Danilo généré par IA

Ambitions

« J’aimerais bien qu’on soit identifié comme la boîte tech-musique numéro un », résume Sofiane Nemer. Le fondateur de naiart envisage à moyen terme une extension de son activité vers d’autres secteurs du divertissement, en particulier le sport, avec des disciplines comme le football, la boxe ou le MMA citées en exemple.